Apprendre à voir les gens comme la nature
Les montagnes sont des montagnes, et l’eau est de l’eau. Les arbres font pousser de nouvelles feuilles au printemps et les laissent tomber en automne. Nous acceptons ces changements de la nature avec une relative facilité. Quand quelque chose fleurit, nous essayons de le voir comme floraison ; quand cela tombe, comme chute ; quand cela change, comme changement.
Mais voir les personnes de cette manière n’est pas facile. Qu’il s’agisse de la famille, des amis ou des personnes avec qui nous travaillons, lorsque quelqu’un de proche agit autrement que nous le souhaitons, l’esprit est facilement ébranlé. Nous acceptons les changements de la nature, mais devant les paroles et les actions des personnes, nous faisons des distinctions, nous nous sentons blessés et nous essayons de nous accrocher.
Mais les personnes aussi se meuvent selon les causes, les conditions et les liens. Les habitudes, le caractère, la manière de parler et les actions de cette personne sont aussi un flux formé par des causes et des conditions anciennes. Cela ne signifie pas qu’il faille simplement laisser toute faute sans réponse. Cela signifie qu’avant d’essayer de changer l’autre selon nos propres souhaits, nous devons d’abord voir comment notre esprit se meut devant son apparence.
Un pratiquant étudie en rencontrant les personnes. Les personnes qui conviennent à notre esprit ne sont pas les seules conditions de pratique ; celles qui nous mettent mal à l’aise sont aussi des conditions qui nous permettent de voir notre esprit. Apprendre à céder dans les moments où céder est difficile, examiner nos émotions dans les moments où la patience est difficile, et d’abord gouverner notre propre esprit avant de corriger l’autre : c’est cela, la pratique.
Les personnes ne changent pas facilement. Sans étude et sans sagesse, les vieilles habitudes se répètent facilement. Pourtant, lorsque nous cultivons l’esprit, que nous nous regardons nous-mêmes et que la sagesse surgit, les personnes peuvent changer peu à peu. Ainsi, le véritable changement ne vient pas du fait de changer les autres de force ; il commence lorsque notre propre esprit change d’abord.
Aujourd’hui, puissions-nous ne pas essayer de voir les personnes seulement selon nos propres souhaits, mais les voir telles qu’elles apparaissent à travers les causes et les conditions, et passer la journée à étudier l’esprit qui surgit devant les autres.
Nous acceptons souvent les changements de la nature, mais nous avons du mal à accepter les changements et les actions des personnes. Mais les personnes aussi se meuvent selon les causes et les conditions. Plutôt que de forcer quelqu’un à changer, la pratique consiste d’abord à examiner l’esprit qui surgit en sa présence. Aujourd’hui, puissions-nous rencontrer les personnes avec souplesse et conscience.